Lotissement Légal Sénégal : Vérifications, Risques et Procédure

par bm | Fév 9, 2026 | Immobilier au Sénégal, 📚 Guides & Conseils | 0 commentaires

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Achat de terrain en lotissement au Sénégal : Comment vérifier la légalité et éviter les pièges ?

 

 

Vous avez repéré une offre alléchante pour un terrain viabilisé à Diamniadio, Sangalkam ou sur la Petite Côte ? Le commercial vous parle de « projet d’avenir », de « titre foncier global » et vous montre de beaux plans 3D. Mais attention : au Sénégal, la vente de terrains issus de lotissements irréguliers est l’une des causes principales de perte financière et de démolition par la DSCOS.

Un lotissement légal au Sénégal obéit à une procédure administrative stricte, définie par le Code de l’Urbanisme. Si une seule étape manque, vous risquez d’acheter une parcelle sur laquelle vous ne pourrez jamais obtenir de titre individuel, ni même construire légalement.

Comment distinguer un véritable projet immobilier sécurisé d’un morcellement sauvage ? Quels documents exiger avant de verser le moindre franc ? Cet article vous donne les clés pour auditer n’importe quel projet de lotissement.

⚡ Réponse Rapide : Comment reconnaître un lotissement légal ?

Pour qu’un lotissement soit légal, le promoteur doit obligatoirement vous présenter deux documents clés :

1. L’Autorisation de Lotir : Un arrêté signé par le Ministre de l’Urbanisme (ou une autorité décentralisée compétente selon la taille) qui autorise les travaux.

2. Le Plan de Lotissement Approuvé : Le plan officiel visé par le Cadastre et l’Urbanisme.

Vérification : Ne vous fiez pas aux photocopies. Prenez les références du Titre Foncier Global et allez vérifier au Cadastre (DGID) et à la Direction de l’Urbanisme que le projet est bien enregistré et autorisé. Si le terrain n’est pas viabilisé (eau, route, électricité) alors que c’est promis, méfiance.

📌 L’essentiel en 7 points

  • Le Titre Foncier Global (TF Mère) est la base, mais il ne suffit pas. Il faut une autorisation de lotir.
  • Un simple plan fait par un géomètre n’est PAS une autorisation administrative.
  • La vente de terrains dans un lotissement non autorisé est pénalement répréhensible.
  • La DSCOS peut arrêter les chantiers et démolir les constructions sur des lotissements irréguliers.
  • Le promoteur a l’obligation de réaliser la viabilisation (voirie, eau, électricité) avant la vente finale ou fournir une garantie d’achèvement.
  • Vérifiez toujours si le site est grevé de charges (hypothèque) via un État des Droits Réels.
  • L’objectif final est le morcellement du TF Global en titres individuels (TF Fille).

Lotissement vs Morcellement : Quelle différence ?

Bien que souvent utilisés comme synonymes, ces termes désignent des réalités techniques différentes selon le Code de l’Urbanisme.

Le Morcellement

C’est l’opération qui consiste à diviser un terrain en plusieurs parcelles. Si le détachement concerne moins de quatre lots et ne nécessite pas la création de voies ou d’espaces communs, on parle souvent de morcellement simple. Cela nécessite tout de même une autorisation administrative.

Le Lotissement

C’est une opération plus complexe. Elle vise à diviser un terrain en plusieurs lots destinés à l’habitation, avec la création obligatoire d’équipements communs : routes, espaces verts, réserves pour équipements publics (école, poste de santé), réseaux d’eau et d’électricité. C’est ce que proposent généralement les promoteurs immobiliers.

📌 À retenir : Qu’il s’agisse de morcellement ou de lotissement, l’opération est illégale sans l’accord préalable de l’administration (Ministère de l’Urbanisme ou autorités décentralisées).

La procédure légale qu’un promoteur doit respecter

Pour comprendre si un lotissement est légal, il faut connaître les étapes que le promoteur est censé avoir franchies. Si l’une d’elles manque, le danger est réel.

  1. La possession du foncier : Le promoteur doit être propriétaire d’un Titre Foncier (TF Global) libre de toute charge.
  2. La demande d’autorisation : Il dépose un dossier comprenant les plans d’aménagement à l’Urbanisme.
  3. L’Autorisation de Lotir : C’est le sésame. Elle est délivrée par arrêté ministériel (ou arrêté du Maire/Préfet selon l’importance du projet) après avis de la Commission de Contrôle des Opérations Domaniales (CCOD) et des services d’urbanisme.
  4. Les travaux de viabilisation : Le promoteur doit tracer les routes, installer les bornes fontaines ou réseaux, etc.
  5. Le Procès-Verbal de Réception (PV de recollement) : Une fois les travaux finis, l’administration vient vérifier et délivre un certificat de conformité.
  6. Le Morcellement définitif : Le TF Global est éclaté en plusieurs petits Titres Fonciers individuels au nom du promoteur, prêts à être mutés au nom des acheteurs.

Les documents obligatoires à exiger

Avant de signer quoi que ce soit ou de donner un acompte, vous devez demander à consulter (et vérifier) les pièces suivantes :

  • Une copie du Titre Foncier Global (Mère).
  • Une copie de l’Arrêté d’autorisation de lotir (vérifiez la date et la signature).
  • Le Plan de masse approuvé (portant les tampons de l’Urbanisme et du Cadastre).
  • Le Règlement du lotissement (cahier des charges définissant ce que vous avez le droit de construire).
⚠ Attention : Un simple plan signé par un cabinet de géomètre privé N’EST PAS une autorisation administrative. C’est un document technique préparatoire qui n’a aucune valeur légale d’autorisation.

Les risques d’un lotissement irrégulier (DSCOS)

Acheter dans un lotissement « sauvage » (sans autorisation) expose à des conséquences graves :

1. L’arrêt des travaux et la démolition

La DSCOS (Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols) est la gendarmerie du foncier. Si elle constate qu’un lotissement est en cours sans autorisation, elle ordonne l’arrêt immédiat des travaux. Si vous avez commencé à construire votre mur ou votre maison, elle peut être démolie à vos frais.

2. L’impossibilité d’obtenir un Titre Foncier individuel

Si le lotissement n’est pas approuvé, le Conservateur de la Propriété Foncière ne pourra jamais créer les titres individuels. Vous resterez bloqué dans une indivision perpétuelle sur le titre global, ou pire, sans aucun droit réel reconnu.

3. L’absence de viabilisation

Dans les lotissements irréguliers, les espaces pour les routes sont souvent trop étroits ou inexistants, et il n’y a pas d’eau ni d’électricité. Vous achetez un terrain enclavé et invivable.

Tableau : Lotissement Régulier vs Irrégulier

Critères Lotissement Régulier (Légal) Lotissement Irrégulier (À fuir)
Autorisation Arrêté ministériel ou préfectoral disponible « En cours » ou inexistant
Plan Visé par Cadastre et Urbanisme Plan simple du géomètre privé
Terrain Borné, routes tracées, terrassé Piquets dans la brousse, pas de routes
Titre de propriété Mutation directe devant notaire Acte sous seing privé ou légalisation police

Comment vérifier soi-même (Cadastre & Urbanisme)

La confiance n’exclut pas le contrôle. Voici la démarche d’investigation à mener :

Étape 1 : Récupérer les références

Demandez au vendeur le Numéro du Titre Foncier Global et la localisation exacte (Commune, Section). S’il refuse, c’est un drapeau rouge.

Étape 2 : L’État des Droits Réels

Allez au Bureau de la Conservation Foncière concerné (DGID) et demandez un « État des Droits Réels » sur le Titre Foncier Global.

Objectif : Vérifier que le terrain appartient bien au promoteur et qu’il n’est pas hypothéqué par une banque (si le promoteur fait faillite, la banque saisit le terrain, et vous perdez tout).

Étape 3 : La Direction de l’Urbanisme

Rendez-vous aux services de l’Urbanisme avec le numéro de l’arrêté d’autorisation de lotir pour confirmer son authenticité. Les faux documents circulent malheureusement.

Pour localiser les services compétents, vous pouvez consulter l’annuaire de l’administration sur Service Public Sénégal.

✅ Conseil : Engagez toujours votre propre notaire (différent de celui du vendeur) pour effectuer ces vérifications. Ses honoraires sont dérisoires comparés à la perte de votre capital.

Scénarios : Comprendre par l’exemple

✈️ Scénario Diaspora : L’erreur de MoussaDepuis Paris, Moussa voit une pub Facebook : « Terrains pas chers à Mbour 4, futur Dubaï ». Le commercial lui envoie des photos et un plan coloré. Rassuré par le « Titre Foncier Global » mentionné, Moussa envoie 2 millions.

Résultat : 1 an plus tard, il rentre au Sénégal. Le terrain est une zone agricole non lotie. La DSCOS a tout bloqué. Le promoteur a disparu. Moussa a acheté une part dans une indivision invendable sans autorisation de construire.

La leçon : Il aurait dû demander l’autorisation de lotir et la faire vérifier par un proche ou un notaire sur place.

🏠 Scénario Local : La prudence d’AminataAminata veut acheter à Tivaouane Peulh. Le vendeur lui présente le dossier. Elle note le numéro du TF. Elle va au Cadastre : le TF existe bien au nom de la société. Elle va à l’Urbanisme : l’autorisation de lotir est validée. Elle visite le site : les bornes sont posées et les voies dégagées.

Résultat : Elle signe chez le notaire en toute confiance. Deux ans plus tard, elle a son Titre Foncier individuel et sa maison est construite en toute légalité.

Checklist de Sécurité « Achat en Lotissement »






Foire aux Questions (FAQ)

Puis-je acheter dans un lotissement administratif (Mairie) ?

Oui, mais la procédure est différente. Ici, on parle de terrains du Domaine National affectés par délibération. Vérifiez que la délibération a été approuvée par le Sous-Préfet et que le plan de lotissement communal a été validé par les services de l’Urbanisme.

Que faire si le promoteur tarde à donner le titre individuel ?

C’est fréquent. Souvent, le promoteur attend de tout vendre pour finaliser la viabilisation et obtenir le « quitus » de l’administration nécessaire au morcellement. Relisez votre contrat de réservation. Si les délais sont dépassés, une mise en demeure par huissier ou avocat peut être nécessaire.

Est-ce que le NICAD suffit pour prouver la légalité ?

Le NICAD (Numéro d’Identification Cadastrale) prouve que le terrain est connu du Cadastre, ce qui est un très bon signe. Cependant, cela ne remplace pas l’autorisation de lotir. Un terrain peut avoir un NICAD mais faire partie d’un projet dont l’autorisation d’urbanisme a expiré ou été annulée.

Qu’est-ce que la CCOD ?

La Commission de Contrôle des Opérations Domaniales. C’est l’organe qui examine la faisabilité et la légalité des opérations sur les terrains de l’État et les lotissements. Son avis favorable est indispensable pour obtenir l’autorisation.

Peut-on régulariser un lotissement irrégulier ?

C’est une procédure longue, coûteuse et incertaine (restructuration). Elle dépend de la volonté politique de l’État (comme avec les décrets de régularisation dans certaines zones). Mieux vaut ne pas parier dessus lors d’un achat.

Mini Glossaire de l’Urbanisme

  • Viabilisation : Ensemble des travaux (voirie, eau, électricité, assainissement) rendant un terrain apte à la construction.
  • Bornage : Opération définissant les limites physiques du terrain par des géomètres.
  • TF Mère (Global) : Le grand titre foncier initial couvrant toute la superficie du projet avant découpage.
  • TF Fille (Individuel) : Le titre foncier final issu du morcellement, au nom de l’acheteur.
  • Indivision : Situation où plusieurs personnes sont propriétaires d’un même bien sans division matérielle de leurs parts.
  • Servitude : Contrainte imposée au terrain (ex: passage de câbles, interdiction de construire sur une zone).

Pour toute vérification officielle, référez-vous aux textes disponibles sur le site du Secrétariat Général du Gouvernement ou rapprochez-vous de la DGID.

 

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